C’est avec plaisir que je présente cet article dans le cadre du festival “A la croisée des blogs”, organisé par la communauté de blogueurs developpementpersonnel.org.
Le festival est organisé ce mois-ci par LeDevDurable.com, blog de Jérôme HOARAU qui vous fera un résumé des articles parus autour du thème choisi ce mois-ci : Vivre en harmonie avec soi, les autres et la nature .
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Avez-vous constaté que … ?
Marshall Rosenberg, fondateur de la communication non violente (CNV) a fait 2 constats inquiétants :
- 90% de nos paroles sont des jugements, des critiques, des moqueries, des reproches …
- de cette communication malveillante nait la violence.
En effet, de 1950 à aujourd’hui , la violence est en pleine croissance, surtout :
- la violence sur les femmes ( 1 femme meurt chaque jour en France sous les coups de son conjoint – Droit de Savoir, TF1)
- la violence sur les enfants,
- la violence à l’école : l’école comme la famille devrait le lieu d’apprentissage d’une communication non violente. Mais par manque de temps, par manque de connaissances, par facilité, par fierté, par manque de moyens, ce n’est pas fait. A l’école les leçons d’instructions civiques ont disparu. : les punitions pleuvent !
Expérience : J’ai travaillé dans le milieu scolaire et je me rappellerai tout le temps d’une maîtresse qui m’avait dit que les enfants ne devaient pas lever leur nez de leur feuille ; il fallait qu’ils écrivent, écrivent et … écrivent pour ne pas créer la zizanie ! Quelle belle communication !
Le débat en classe sur des thématiques n’était pas autorisé par peur de débordement. C’est entre autre pour cela que j’ai quitté ce lieu pas épanouissant, où l’adulte utilise sans vergogne son pouvoir de domination.
Les différentes formes de violence:
->La violence psychologique : des menaces, des blâmes, du harcèlement moral, des moqueries.
->La violence verbale : insultes , grossièretés , ou encore injures sexuelles .
->La violence sexuelle : viols, attouchements …
->La violence physique : coups, guerre …
Pourquoi êtes-vous si violents ?
– Vous reproduisez : enfant, vous avez été simple spectateur. Au fond, vous n’êtes pas méchants mais vous ne connaissez que ce mode de fonctionnement. Parents, éducateurs, enseignants…attention à ce que vous transmettez. Observez vos paroles !
- Vous avez été éduqués dans un esprit de compétition ( Sois fort ! Ne pleure pas ! Ne montre pas tes faiblesses ! Mange le !), dans un milieu exigeant (fais des efforts ! Encore !), remplis de reproches (c’est toujours pareil avec toi, on ne peut pas compter sur toi !) où les pensées sont souvent binaires ( c’est bon / c’est mauvais ; c’est bien / c’est nul). Ces conditionnements ne nous ont pas ouverts aux autres de façon harmonieuse et sont plutôt destructeurs; : disputes, conflits, violence physique…
- Vous vous révoltez car vous vous sentez impuissant : dans un premier temps, vous vous taisez car vous n’avez pas le choix ou disons que vous préférez car le bénéfice est plus avantageux à se taire. Mais cette violence rentrée engendre une souffrance émotionnelle qui peut aboutir à une énorme colère source de violence physique.
- Vous êtes trop exigeants : il vous arrive, inconsciemment, d’exprimer vos désirs sous forme d’exigences ce qui met une pression sur vos interlocuteurs : ils ont intérêt à satisfaire votre demande sous peine de représailles ( reproches, critiques, sanctions…). C’est surtout le mode de communication de ceux qui ont une autorité ( parents, enseignants, chef, manager, gendarmes, conjoint dominant, politicien…) à exercer : ils veulent faire changer les autres et leur dicter leur comportement. Le langage de la soumission et de la domination est la pire communication qui existe et elle est la principale sources des violences.
- Vous êtes en manque : vous ne pouvez combler seul(e) un besoin vital ; vous l’exigez alors de l’autre. Si celui-ci ne peut y répondre, vous l’accusez de tous les maux. Mais lui avez-vous fait une demande précise ?
- Vous voulez vous venger : l’autre vous a blessé et vous réagissez ! ‘’Oeil pour oeil, dent pour dent ‘’.
- Vous avez peur et au lieu de vous l’avouer ( ces peurs sont souvent inconscientes) vous tenez l’autre responsable de votre état interne et vous vous rebellez contre lui.
Expérience : J’ai eu à travailler avec une directrice d’école qui me disait : ‘’pour que les enfants te respectent, il faut leur faire peur mais il faut aussi qu’il t’aime !’’ Je pense que sa remarque restera gravée dans ma mémoire longtemps tellement je le trouve absurde ( mais pas elle ! ). Faire peur était son seul moyen de défense face à un éventuel débordement dans la classe.
J’ai appris aussi à comprendre le comportement des gens tyranniques qui usent sans vergogne de violences verbales : derrière cela, une angoisse ! Pour la cacher, pour éviter de se retrouver en échec, leur arme favorite : la force par la violence ! Comme à l’époque des rois, des tsars, des nobles, ils développent une population d’asservis
Pourquoi chercher une communication non violente ?
- Car toute notre vie, nous serons en relation avec les autres !
- Pour notre épanouissement personnel et professionnel.
- Pour un monde plus chaleureux, plus souriant, plus aidant, plus sécurisant.
- Pour un monde en paix.
Au fait , connaissez- vous la CNV ?
C’est une méthode simple, concrète, pratique et très efficace pour améliorer sa relation à autrui. Elle a été développée depuis les années 60 par Marshall Rosenberg, psychanalyste, docteur en psychologie clinique. La CNV est enseignée et appliquée à travers le monde dans les entreprises, les écoles, les hôpitaux, , la sphère sociale ou familiale. Elle est également utilisée dans un but de médiation sur des zones de conflits (Israël, Kosovo, le Rwanda).
La CNV se donne pour but de transformer les conflits potentiels en dialogues paisibles et constructeurs, en rapports bienveillants avec notre famille, nos amis, nos collègues, les inconnus… C’est l’art du dialogue !
Vous sentez-vous concernés ?
- Qui ne s’est pas énervé injustement après l’autre ?
- Qui n’a pas eu de conflit dans sa vie ?
- Qui n’a pas eu des paroles blessantes ou des actes violents ?
Il est en effet facile de s’énerver :
votre conjoint ne vous aide pas dans les tâches ménagères.
Votre femme a dépensé plus que prévu ce mois-ci !
Vos enfants mettent leur chambre sans dessus-dessous chaque jour !
Votre collègue vous amène systématiquement les dossiers en retard !
Votre patron exige toujours énormément de vous et aucun signe de reconnaissance en retour !
Votre voisin ne vous dit jamais bonjour !
Cet inconnu vous klaxonne car vous ne démarrez pas assez vite !
Et vous, vivez-vous des situations qui vous mettent en colère ?
Comment gérez-vous ces situations source de conflits ?
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Comment désamorcer ces conflits ?
- Passez le test des 3 passoires ( voir article précédent)
- Assumez votre responsabilité : acceptez-vous de vous regarder pour prendre conscience de certains de vos travers…travers qui engendrent de la violence.
- Marshall Rosenberg propose une démarche, basée sur l’authenticité et l’empathie en 4 étapes :
1- Constatez, observez : qu’est-ce qui contribue à votre mal être dans les paroles ou actes d’autrui ? Constatez sans jugement, sans dévalorisation, sans accusation sinon vous aurez une résistance en face.
2 – Exprimez un sentiment : comment vous sentez-vous face à cet acte, ces paroles ? Triste, joyeux, anxieux ?…Ce n’est pas facile car notre société n’encourage pas l’expression des sentiments (ne pleure pas ! Sois fort ! Fais un effort..) En utilisant un vocabulaire affectif, il est plus facile d‘établir un lien avec les autres. En effet, je vais vous apprendre une chose importante : nous sommes des êtres émotionnels et non des êtres logiques ! Le cœur a ses raisons que la raison ne connait pas !
3 – Exprimez un besoin : quel besoin en vous n’est pas comblé et vous rend anxieux, triste, énervé, malheureux…DE quoi avez-vous besoin ?
4 – Faites une demande : si vous ne demandez rien, vous n’aurez rien. Faites une demande précise et concrète qui vous rendra surement la vie plus agréable.
Passez à la pratique ! Voici un exemple pour vous aider.
1- Constatez, observez : Mon chéri, je constate que tu t’entraines pratiquement tous les soirs de la semaine pendant que moi je reste à la maison m’occuper des enfants.
2 – Exprimez un sentiment : je me sens triste de ne pas pouvoir moi aussi m’adonner à certaines de mes passions et je me sens bien fatiguée et seule.
3 – Exprimez un besoin : j’ai besoin de faire moi aussi du sport et de te sentir plus souvent à mes côtés pour s’occuper des enfants.
4 – Faite une demande : serait-il possible 1 à 2 fois dans la semaine que tu t’occupes des enfants pendant que je vais m’aérer. Peux-tu aussi rentrer plus tôt pour m’aider à faire les devoirs aux enfants.
Retenez !
- Faites-vous respecter ! Si vous commencez à accepter, c’en est fini pour vous et ce sera beaucoup plus dur de revenir en arrière et d’instaurer cette CNV.
- Constatez, éprouvez, exprimez et demandez ! ( les 4 étapes de la CNV).
- Tant que vous ne faites pas des demandes précises, vous ne pouvez pas être sur que votre interlocuteur a bien compris votre besoin, votre désir. Vous ne pourrez donc rien lui reprocher ! Si vous avez lu ou vu le spectacle de John Gray, ‘’Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus’’ vous pouvez donc comprendre que nous sommes tous différents et avons des modes de perception, de compréhension, de communication complètement différents. A nous de faire passer précisément le message et de s’en assurer.
- Faites un jeun médiatique (couper télévision et radio) : les médias relatent beaucoup trop la violence quotidienne…Ne nous en imprégnons pas !
- Protégez vos enfants des sources de violence (dont la télévision fait parti) et enseignez-leur cette CNV.
- Arrêtez de bâtir des murs, ouvrez des portes….
- Attention à vos comportements et vos paroles: alors qu’ils sont anodins pour vous, ils peuvent paraitre violents pour les autres. Observez les réactions et ajustez.
- Commencez dès aujourd’hui à vous entraîner à la CNV avec votre entourage proche : très épanouissant et instructif de le faire avec vos enfants ! Ils se sentent écoutés et cela vous oblige de vous mettre ‘’à leur hauteur’’
- ASTUCE : quand vous parlez à des enfants, accroupissez-vous pour vous mettre à la hauteur de leurs yeux : ainsi pas de rapport de domination/soumission ( si destructeur).
Vous voulez en savoir plus ? Vous souhaitez pratiquer ?
Cet article vous a intéressé ?
Vous évoluez dans un milieu agressif, violent ?
Vous souhaitez apaiser votre esprit ?
Vous souhaitez rencontrer plus de sourire autour de vous ?
Vous voulez approfondir cette thématique ?
Venez donc participer au cycle d’ateliers intitulés ‘’Développement personnel et relaxation ‘’ que j’organise chaque année. Le thème de la communication bienveillante sera abordée. ( Prochain cycle en janvier 2012) .
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PS: ( si vous cliquez sur les mots en bleu foncé, vous serez dirigés sur d’autres articles)
Comment maintenir sa forme après 50 ans ?
Comment désintoxiquer son corps pour avoir plus de vitalité ?
Et vous , comment faites-vous pour désamorcer un conflit ?
Karine
Bonjour Karine.
Merci pour cet article.
Je ne connaissais la CNV que vaguement, de nom. Cela m’a permis de la découvrir.
A bientôt.
Bonjour Karine,
Force m’est de vous avouer (sans agressivité aucune…
) que j’ai devant moi “Cessez d’être gentil, soyez vrai” de Thomas d’Ansembourg, et que votre article me semble une rapide synthèse de ce bouquin (qui est peut-être lui-même fortement pompé d’écrits de Rosenberg, si ça se trouve ; le l’ignore) et n’apporte à mon goût pas grande valeur ajoutée, pas d’exemple ni d’analyse originale, enfin, bref, ça semble une adhésion bien pensante (à une thèse qui l’est déjà beaucoup) mais qui ne nous apporte guère de recul.
Afin donc de creuser un minimum le sujet, je vous soumets une question. Vous affirmez “En effet, de 1950 à aujourd’hui , la violence est en pleine croissance”, prenant à témoin les violences conjugales, scolaires et sur les enfants. Pouvez-vous justifier cette assertion ? Elle me laisse tout autant pantois que les affirmations des personnes pensant qu’”avant” se situe un âge d’or quelconque, qui pensent que le moyen-âge était moins violent que le XXIème siècle (!!!!), etc.
Les parents des enfants de 1950 avaient connus les châtiments corporels à l’école, et connaissaient des conditions de travail difficiles voire violente ; le viol entre époux n’avait pas d’existence légale, etc. Je vous renvoie par exemple à cette page retraçant l’évolution entre 1950 et nos jours des mesures prise contre les violences que vous dénoncez : http://le-tpe-2009.e-monsite.com/pages/i-les-individus-victimes-de-violence-de-1950-a-aujourd-hui-une-prise-de-conscience/l-evolution-de-la-violence-intra-familiale-de-1950-a-aujourd-hui.html
Je réitère : sur quoi vous fondez-vous pour affirmer que le monde était doux et rose au sortir de la seconde guerre mondiale ?
Bonjour Matt,
Merci de votre commentaire qui apporte comme on dit de l’eau au moulin !
A votre question : sur quoi vous fondez-vous pour affirmer que le monde était doux et rose au sortir de la seconde guerre mondiale ?
Je ne pourrai pas dire sur mon expérience car je n’en ai pas l’âge. Je l’ai fondée sur mes lectures ( je n’ai pas lu cessez d’être gentils, soyez vrai”, mais les livres de Rosenberg..oui) ), mes rencontres avec des personnes de toutes générations, mes discussions avec les professionnelles de la petite et grande enfance ( dont j’ai fait parti à un moment de ma vie).
Mais peut être que ma formulation était maladroite si j’en comprends vos propos.
En tout cas, ce qui est sur, c’est que la violence est réellement là … tous les jours elle existe…et dès le plus jeune âge.
Autrefois elle était étouffée, non dite…maintenant elle éclate au grand jour avec la liberté d’expression, les médias…c’est pour cela qu’elle parait plus présente qu’autrefois…
Mon intention en tous cas, n’étant pas pas de faire ds comparaison entre différentes époques, mais de souligner son omniprésence…et d’essayer d’y remédier…
Au fait que pensez-vous du livre ”Cessez d’être gentil , soyez vrai ? ”
Merci encore pour votre commentaire et les liens joints
Bonne fin de semaine
Karine
Ah, là je vous rejoins parfaitement. Primo, le monde est intrinsèquement violent, et annuler cette violence est un projet que je soutiens totalement mais qui doit se comprendre comme un surpassement de l’état naturel fondamental. Secundo, la croissance de la violence moyenne perçue – par le biais du développement des canaux de communication – n’a pas de lien direct avec la violence exercée, réelle (J’ai à ce sujet un bouquin sur la violence chez moi, écrit par un chercheur en sociologie du CNRS, dont je pourrait vous donner les références à l’occasion – là, je suis au bureau.
)
Merci pour votre réponse.
En ce qui concerne le livre, qui est d’ailleurs fourni avec un CD très agréable à écouter et qui résume complètement le bouquin, il est très intéressant, en ce qu’il dissèque pas mal d’exemples à partir de son modèle “mental/sentiment/besoin/demande”, et en ce qu’il a pas mal d’expérience, y compris en tant qu’avocat s’étant occupé de jeunes en difficulté (sa vie avant d’être psychothérapeute). Mais il ne vous apprendra peut-être pas grand-chose si vous avez déjà lu sur le sujet.
Je trouve par ailleurs que le modèle Rousseauiste “tout le monde est beau et gentil à la base” comporte de réels problèmes du fait de la négation de la violence intrinsèque à chacun, comme simple moyen de se développer, subsister, maintenir son intégrité physique, “égoïsme” entrant en conflit permanent avec les instinct altruistes tout aussi fondamentaux chez un animal social tel l’homo sapiens. Mais bon, ça n’engage que moi…